lundi 14 septembre 2009

Heavy Cross... Croisement des genres pour The Gossip!

Beth Dito du groupe The gossip, la nouvelle cops - ou plutôt l'inverse -, de Kate Moss, n'a pas fini de nous en mettre plein la vue. Physiquement et musicalement. Ce n'est plus un secret si son Heavy Cross (premier single issu de Music for Men ) est un carton. Et pour cause, il a le don de mêler subtilement une soul envoutante emmenée par une voix joplinienne - la comparaison peut être supportée -, et un son postpunk sciant. Des rif de guitares soutenus par une batterie rock à l'interlude lunaire rythmée par des percus rappelant certaines marches guerrières et un synthé revival 80's, c'est tout simplement encorcelant.

samedi 22 août 2009

Le liseur - Bernhard Shlink

Le film - The Reader -, quoi qu'on en dise est génial: déconstruction dans le montage, une Kate Winslet, si ce n'est mal attifée -, débordante de sensibilité oscillant entre sévérité et docilité, un David Kross étonnament précoce, et un Ralph Fiennes (La liste de Schindler) comme on l'aime, le tout rondement mené, fidèle au roman, et ceci n'est pas une tare!!

Conscience déconcertante?

S’il est une période de l’histoire qui a fait couler beaucoup d’encre, souvent relatée au travers de l’horreur, c’est bien celle de la Shoah. Toutes les formes et tous les genres sont passés au crible : des témoignages aux journaux intimes, en passant par les récits historiques, tout semble avoir été étudié sur l’histoire nazie. Bernhard Shlink, lui, n’a que faire de se heurter au genre, puisqu’il parvient à installer un nouveau climat, une nouvelle vérité semble-t-il. Il use d’un style transparent, en faisant montre d’une neutralité déconcertante. Là où l’indicible faisait force dans la littérature des camps, il fait table rase de l’absence de mots, quitte à démultiplier les questionnements. Mais nul excès de gravité ni pathos ne fait foi. Le liseur reste un roman où la shoah n’intervient in fine qu’en toile de fond. C’est le récit d’un amour équivoque, entre Michael Berg, impliqué malgré lui dans le crime pour avoir été le liseur-amant d’une Hanna Shmitz de vingt ans son ainée, ancienne SS. L’écrivain allemand fait fi des conventions, et se sert de l’union d’une femme à la psychologie dérangeante et d’un enfant d’abord naïf, comme pour mieux souligner après coup la conscience allemande. Celle de Michael Berg par exemple, confronté à un apprentissage de la compréhension. Bernhard Shlink parvient à montrer une autre facette de l’histoire de l’holocauste, celle d’un héritage lourd à porter – en embrassant le thème de la culpabilité -, pour un pays où on a longtemps parlé de déni. Le liseur offre plusieurs niveaux de lecture – loin de tout manichéisme -, qui trouvent toute leur cohérence au sein d’une œuvre déjà méta-textuelle. Face à une époque tragique, difficile à appréhender, Le Liseur n’est pas un de ces romans ouverts qui laisse sur sa faim – mais son auteur fait au contraire preuve d’une grande ouverture d’esprit.

dimanche 19 juillet 2009

Elles@centrepompidou L'art intestinal



Waouh, ça fait un bail! M'adonner à de longues justifictions ne serait qu'encre - enfin effort digital semble plus approprié - perdue. Belle échappatoire non?
Bref, j'évoquais, il y a de ça quelques mois déjà, l'expo Elles@centrepompidou... Bon l'info peu paraître périmée, toujours est-il que l'expo s'intègre dans la collection moderne et permanente du Centre Pomidou jusqu'à mai 2009, et qu'elle vaut vraiment le détour. Et ce n'est pas en ultraféministe que je m'engage, loin s'en faut, mais en grande amatrice de subversion. Parce que l'art contemporain n'est pas qu'une avalanche de productions sans valeur qui tend à discréditer l'art dit noble, c'est-à-dire d'un classicisme exacerbé, joliment mimétique d'un monde à photographier, mais une espèce d'épopée littéralement grisante à vouloir défier les lois reconnues par tous. Bien sûr, elles - citons Orlan par exemple et son ingénieux et complètement barré Baiser d'artiste, qui m'a particulièrement fasciné - ne sont pas les premières à avoir chambouler l'histoire de l'art. Les cubistes, les surréalistes, et même avant eux les impressionnistes, l'ont déjà fait. Mais à l'heure où nombre d'artistes contemporains connaissent les fustigations amères des critiques professionnelles ou non, qui s'acharnent à dire qu'il n'y a là ni art et que même un enfant de quatre ans serait à même de le faire, il faut admettre une chose; ces femmes, au-delà d'un combat sur la simple reconnaissance de leurs oeuvres dans le paysage artistique, revendiquent davantage une place dans la société dominée par le maître-phallus, avec un droit de parole, une approche subjective de la réalité . Une force guerrière, un cri de colère émanent de leurs productions - à l'image de Nicky de Saint Phalle tirant sur ces propres tableaux comme pour annoncer une nouvelle ère artistique, une nouvelle posture de l'artiste, s'éloigner progressivement des conceptions des Anciens, se libérer du tableau figé à contempler. Ces femmes appellent presque à la destruction et à la déconstruction. Une forme de catharsis au service d'un art de la performance,de l'abstraction, un art conceptuel, sensuel voire érotique, qui prend le contre pied et tend à faire mourir la suprématie de l'homme et de l'art, à tel point qu'elles aient fini par dompter les représentations du monde, et contribué largement à l'histoire de l'art. Comprendre que depuis bien longtemps, maintenant que la technologie nous a rattrapé, que l'art ne doit pas être qu'une conception picturale idéale (au sens platonicien). Tour à tour elles dévoilent leur sensibilité, même si elle ressort souvent de manière agressive et meurtrie - mais aussi drôle ou cynique à l'image des "Guerrilla Girls -, elles témoignent d'une époque qui connaît encore des brimades sociales, dans laquelle d'autres femmes ne sont pas encore à nu. On est plus dans la contemplation, on est carrément plongé dans l'expérience intime de chacune de ces artistes postmodernes, le temps d’une exposition - riche, un poil lourde peut-être -, thématique, en passant par les pionnières du genre, et peut être bien plus encore...

Jusqu'au 24 mai 2010 au Centre Georges Pompidou